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Libre librairie à Combourg

14 mai 2008

Lecture en cours

Siri_Hustvedt

Si tôt arrivé, si tôt je me suis précipitée ! Après "Tout ce que j'aimais" voilà plusieurs années que je guettais le nouveau Siri Hustvedt chez Actes Sud. D'emblée je suis ravie, l'histoire est plus linéaire, mais l'écriture ample, fort bien traduite, emporte. Et les analyses qui se glissent au fil des phrases font mouche : un petit extrait, tellement actuel, pour vous mettre l'eau à la bouche.

"Une crise implique davantage que la rigueur économique, que l'obligation de se débrouiller avec peu de chose. C'est peut-être le moins grave. Les gens qui ont un peu d'orgueil se trouvent accablés par des infortunes qu'ils n'ont pas provoquées ; néanmoins, à cause de cet orgueil, un sentiment d'échec les envahit. Les encaisseurs gagnent leur vie en rabaissant et en humiliant les orgueilleux. C'est leur arme absolue. Les gens de caractère sont réduits à l'impuissance. Si vous êtes impuissants, les discours sur la justice ne sont que du vent. L'argument de consolation, à savoir que tout le monde était dans le "même bateau", n'avait qu'une validité partielle. Les fermiers qui étaient entrés libres de dettes dans la Crise pouvaient, en réalité, augmenter leur avoir en achetant des terrains à bas prix et des machines bradées. Pendant ces années, les fermiers ont prospéré ou dégringolé. Nous avons dégringolé."

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07 mai 2008

Le "nouveau" Richard Powers

powers

J'ai tellement aimé "Le temps où nous chantions", ce roman qui m'avait fait découvrir Richard Powers, que je me suis précipitée sur celui qui paraît ce mois-ci. Le premier, c'était "Trois fermiers s'en vont au bal" et j'avais eu du mal à m'y plonger. Le second, paru en poche maintenant, m'avait emportée à la découverte de musique, magistralement racontée, et de l'évolution des USA depuis la guerre 39-45 à nos jours grâce à l'histoire d'une famille mixte superbement évoquée, nous confrontant au racisme, aux évènements politiques sur les cinquante dernières années.

Cette fois il s'agit d'une introspection. L'histoire se passe dans un état rural des Etats Unis, bien  loin de la côte Est, dans une contrée où les grues se rassemblent par milliers avant la migration. Ces pages sur ces oiseaux mythiques rythment le livre, parallèle vibrant entre le foisonnement des pensées et leurs migrations parfois désordonnées et l'ordonnancement immuable des rythmes de vie de ces migrateurs depuis la nuit des temps. Pourtant pour ces oiseaux aussi l'influence des hommes sur la nature commence à dérégler le cours du temps de manière inquiétante. Introspection donc, recherche sur le cerveau et les courants qui l'animent, la psychologie, la neurobiologie, les circonvolutions encore inconnues qui peuvent se créer au grand désarroi des humains. Mark est victime d'un accident grave et se retrouve à l'hôpital où sa soeur, unique famille qui lui reste, va se rendre disponible, abandonnant son travail, sa vie propre pour l'aider à se reconstruire. Mark se refait physiquement tant bien que mal, mais son esprit lui ne se remet pas tout à fait correctement dans ses marques : il est victime d'un syndrome traumatique rare, un "Capgras", qui se traduit par un délire paranoïaque l'amenant à nier que sa soeur soit sa soeur. Tous les autres il les reconnaît, reconstruit peu à peu les souvenirs les concernant, mais Karin est une usurpatrice à ses yeux. Alors l'histoire devient vertigineuse, et le spécialiste du cerveau appelé à la rescousse se retrouve fort démuni devant la thérapie à trouver pour aider ce patient à guérir.

Troublant cette évolution juste en marge de la réalité. Nous nous prenons à essayer de trouver nous aussi une méthode cognitive ou non pour aider Mark à se réparer, nous assistons impuissants et tout aussi bouleversés qu'elle, aux efforts de Karin pour trouver la faille qui permettrait de résorber cette séquelle. Nous sommes alors confrontés à notre propre vision de nos souvenirs, de notre mémoire, de notre perception des choses. C'est un livre dense, lent et profond, où la réflexion du lecteur participe à la lecture.

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FORUM AU PRIX ADOS

CHARIF

RENCONTRE AU TRIANGLE à RENNES

FORUM du PRIX ADOS le mercredi 4 juin 2008 après-midi

Quelle chance pour moi ! Katell Savidan-Breton, qui travaille maintenant au CRDP de Rennes et que j'ai connue du temps où elle était documentaliste au collège de Saint-Aubin d'Aubigné, est venue me proposer d'animer une rencontre entre Hicham Charif et l'éditrice du Navire en pleine ville, Hélène Ramdani.

Je n'avais pas encore lu d'ouvrages de cette maison d'édition et je me suis dépêchée de me plonger dans le roman de Hicham Charif. C'est un roman pour adolescents bien sûr, mais pour adultes aussi, qui y prendront un grand plaisir et seront sans doute bien accrochés par l'histoire. Bien sûr, foin de digressions philosophiques conséquentes, de passages narratifs appuyés, mais l'écriture est d'une très bonne tenue, le rythme bien maîtrisé et la fin du roman, qui ne sacrifie absolument pas à la règle du "happy end", ouvre bien des perspectives.

L'histoire est celle d'un jeune lycéen de première dont on découvre qu'il est victime d'un virus inconnu sur le plan médical. Les contraintes qui s'en suivent sont donc particulièrement pesantes tant pour lui que pour ses proches. De plus, un virus d'un autre genre, mais virus tout aussi ravageur, investit son ordinateur, le contraignant à une recherche intensive, aidé de ses meilleurs amis pour comprendre pourquoi un hacker malfaisant le contraint à un jeu de rôle dans la vie réelle ! Le sujet de ce roman est donc "hyper" actuel, et la réflexion à laquelle il conduit est passionnante.

Je me sens donc très honorée d'être chargée d'animer la rencontre entre cet auteur et son éditrice et ne manquerai pas de vous narrer cette belle expérience.

nb : ne manquez pas d'aller visiter le site des Editions "le navire en pleine ville" :

www.lenavireenpleineville.fr

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01 mai 2008

EXPOSITION BRIAND

le_mur

EXPOSITION  BRIAND

MAI - JUIN 2008

La nouvelle exposition à la Galerie tournez la page, est en place depuis le 1er mai 2008. C'est un périple gargouillesque ! Chacune de ces gargouilles raconte une histoire ; elles viennent de différentes villes de France (et même de Belgique, pour l'une d'entre elles), où Christophe Briand les a cherchées, observées, dessinées et mises en scène dans son atelier durant une année. Huiles sur bois, huiles sur toile, mine de plomb. Tout un travail de couleur, de dessin et d'atmosphère.

(pour visualiser l'ensemble de l'exposition, rendez-vous à la Galerie et aussi sur le blog en lien intitulé : l'Atelier de Christophe).

Hannibal

Dyonisos

          

Les_pieds_nickel_s

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16 avril 2008

Mot d'enfant

fraise

Il était assis tout de rouge vêtu sur un banc. Une petite fille haute comme trois pommes s'est approchée et lui a dit :

"La vie c'est une fraise en danger".

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11 avril 2008

Tempête, naufrage et sculpture

Les_d_ferlantes

Encore un gros roman me direz-vous. Environ cinq cents pages au texte bien serré. Mais quel bonheur de s'immerger.

Je ne connaissais pas Claudie Gallay et j'ai découvert ce roman dans le Page des libraires. La quatrième de couverture et la critique de la revue m'ont alléchée. J'avais besoin de cette plage de solitude dans le tourbillon actuel de soucis, anxiété, frénésie d'une politique délétère.

Cela se passe à La Hague, près de Cherbourg ; cela commence par une tempête, furieuse, inhumaine, immuable dans sa violence comme celle qui trente ans plus tôt avait arraché à la vie une famille de ce village isolé à la proue de la terre. La narratrice s'est réfugiée là, en rupture de banc avec l'enseignement, dans un travail de terrain : ornithologue, elle compte, recompte, observe, dessine les oiseaux protégés de ce bout de littoral. Elle berce surtout son chagrin de la perte amoureuse immense, profonde comme les creux de ces vagues monstrueuses qui assaillent les côtes. Alors la chronique de cette presque île aux habitants taiseux, farouches, repliés sur leurs secrets se déroule au rythme d'une saison où les oiseaux migrateurs se réfugient pour pondre et couver. Lambert, un "étranger", revient sur ces lieux qui furent ceux de son enfance, celle où il perdit lors de cette maudite tempête sa famille justement et les langues peu à peu se délient, lentement, agressivement. Nous ignorons le prénom de cette femme qui s'est greffée là, c'est elle qui raconte, mais nous vivons avec elle dans ce refuge qu'elle a trouvé, en compagnie de ces deux-là, frère et soeur, marginaux, romantiques vrais (si le terme n'avait pas depuis longtemps été si galvaudé), Raphaël et Morgane. Raphaël est sculpteur et nous suivons en parallèle ses moments intenses de création, comme un refrain qui rythmerait le déroulement du récit.

Rien de mièvre dans cette écriture, elle coule, enlace, emporte, heurte parfois et c'est grande joie de retrouver chapitre après chapitre ces personnages qui nous offre un tel moment d'évasion.

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09 avril 2008

Découverte

Kitab_Al_Hija

Toutes celles et ceux qui me font le plaisir et l'honneur de fréquenter ce blog vont être jaloux. Ce matin, j'ai reçu, outre ce roman dont je vais vous parler, environ une demie douzaine de "services presse". Là encore, le plaisir du libraire et j'ai du pain sur la planche pour des jours et des jours, à lire, analyser, éventuellement chroniquer tout cela.

J'ai donc pu lire ainsi ce "Livre des transformations" de Sylvie Gendreau et Pierre Guité aux éditions CERA, grâce à l'éditrice qui me l'a expédié pour que je puisse me faire un avis. Il s'agit d'un roman genre thriller scientifique, un peu à la manière de la Théorie des Cordes de Somoza, mais non pas sur la physique mais la biologie et la neurologie. La recherche documentaire qui a permis l'écriture est sans doute très poussée et pourtant ne fait pas obstacle au plaisir de lire. Ce roman se lit d'une traite, les chapitres sont courts, le lecteur ne perd jamais le fil de l'intrigue. C'est une écriture efficace, active, qui nous permet de vivre l'histoire au plus près. Tout se passe dans une école genevoise où l'excellence le dispute à l'humanité dans la préparation des jeunes gens à leur futures études supérieures. Un groupe de jeunes cependant se trouve rapidement victime d'évanouissements inexpliqués, qui vont même dégénérer vers une pathologie neurologique plus lourde. La direction de l'école, la police, certains jeunes vont grouper leurs efforts pour comprendre comment ce syndrome a pu s'installer. Parallèlement, le monde de la recherche médicale et des laboratoires est épinglé dans ses dérives, ses permanentes courses à la rentabilité. L'intérêt est renforcé par l'illustration de cette quête récurrente des hommes à modifier leur possibilités intellectuelles, leur jeunesse, bref ce besoin permanent d'eugénisme.

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02 avril 2008

A paraître

MIEL_HARAR

L'avantage du libraire est de recevoir en avant-première des textes qui vont bientôt paraître. En participant à la revue "Page des libraires" je bénéficie de ce plaisir, et j'ai ainsi pu lire "Le miel d'Harar" de Camilla Gibb qui paraîtra fin avril.

Ce roman qui alterne le passé et le présent raconte la vie d'une jeune anglo-irlandaise qui devient éthiopienne de coeur et d'adoption, après une prime jeunesse marocaine. A la mort de ses parents, la jeune Lilly est confiée à un maître soufi qui l'instruit et lui enseigne l'islam. Elle rejoint ensuite Harar pour y rencontrer un autre maître dans cette ville aux 99 muezzin, ville sainte de grande renommée et lieu de naissance du roi des rois, Haïlé Sélassié. La jeunesse de Lilly se déroulera dans des difficultés immenses du fait de la pauvreté, de la misère même qui règne au sein de la communauté harari à laquelle elle tente de s'assimiler, elle, la "farredja"(étrangère). Elle y enseigne à son tour le coran, sourate après sourate, à de jeunes enfants de ce quartier miséreux où elle a échoué. Elle quittera ce pays en 1974 lors de la destitution de l'empereur Sélassié et la grande histoire rejoint alors celle imaginée par l'auteur. Nous retrouvons parallèlement Lilly à Londres où elle s'est réfugiée depuis 1974, vivant au sein de la "diaspora" éthiopienne et nous sommes alors dans les années 80 - 90.

L'écriture de Camilla Gibb est attrayante, riche en couleurs, odeurs, symboles, rendant formidablement cette autre vision de l'islam, sereine et sensible, bien éloignée de la radicalisation de l'islamisme. Nous y découvrons autrement la place de la femme dans cette religion si controversée. Grâce à cette belle histoire, nous revisitons ainsi quasi de l'intérieur, l'évolution de notre monde depuis trente ans, le devenir d'un des pays les plus indépendants de l'Afrique, et sa perception par les occidentaux.

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27 mars 2008

Coup de coeur, évidemment !

consolante

Et ben voilà ! Coup de coeur, évidemment ! Pourtant, bien difficile à avaler les deux cents premières pages. Rythme haché, pas de sujet, des points de suspension à foison ... En use et en abuse, brouille les cartes, délite le chagrin de Charles, son architecte de héros ; nous fait languir de connaître Annouk, de comprendre leur relation, de la lire en fait cette histoire qu'il aurait vécue dans sa jeunesse. Et puis arrive Sylvie, la vraie copine de Annouk, et elle raconte, elle, l'histoire de cette infirmière étonnante, attachante, dérangeante, ... morte ! Et là, nous basculons, sans retour, dans les phrases qui nous emportent, nous émeuvent, nous bouleversent, nous font rire aussi après et nous captivent au point que les quatre cents pages suivantes, on se les avale en un rien de temps.

Gavalda, tout de même, c'est quelqu'un ; un univers bien à elle, des bons sentiments c'est sûr, mais en ces temps de dureté insoutenable, qu'est-ce que ça fait du bien, de rire, de pleurer, (oui, on pleure même parfois), d'espérer, de s'impatienter, de savourer, de se promener dans cette campagne qu'elle raconte comme si on la vivait, entourés d'enfants, de chiens, chats, ânes, lama ... au coeur d'un potager raconté par un gamin surdoué.

Laissez-vous embarquer, persévérez, et puis freinez des quatre fers, pour ne pas finir trop vite ; vous passerez des heures de lectures qui laisseront longtemps leur musique dans votre tête et sitôt le livre refermé, Charles, Kate, Mathilde et les autres vous manqueront ... évidemment.

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20 mars 2008

GEOPOETIQUE

kennethwhite

Ce week end de Pâques je m'installe à Bécherel dans les pas de Kenneth White, qui est l'invité d'honneur de la Fête du livre de cette Cité du livre qu'est Bécherel.

Ecrivain, voyageur, poète, titulaire d'une chaire de géopoétique, discipline qu'il a fondée, Kenneth White est l'invité d'honneur de ces trois jours consacrés notamment à  l'Ecosse qui consacre la collaboration de Bécherel avec Wingtown, cité du livre également.

Le samedi 22 mars l'auteur donnera une conférence : "itinéraire d'un Franco-Ecossais",

dimanche 23 mars signature-dédicace le matin et l'après-midi, une conférence : introduction à la géopoétique

lundi 24 mars, lecture sur le thème : de l'Ecosse au monde entier.

Pour accompagner cet évènement voici quelques uns des titres que je proposerai, notamment deux revues de Cheyne éditeur où Kenneth White a signé des articles, le colloque de géopoétique qui vient d'être publié, le N° 6 des cahiers de géopoétique et aux éditions Isolato, deux ouvrages intitulés : Les Finisterres de l'esprit et Dialogue avec Deleuze.

A la demande de l'auteur, je propose également :

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et pour compléter cette liste en image, les titres suivants :

La route bleue, Le plateau de l'Albatros, Atlantica, Les limbes incandescents, et l'anthologie publiée en 2007 : Un monde ouvert.

Biographie extraite de Wikipédia

Kenneth White est un poète et penseur contemporain, né en 1936 à Glasgow. Il réside en France depuis les années 60 à Trébeurden (Bretagne). Théoricien de la « géopoétique », poétique porteuse de sens et de pensée, il alterne des récits de « voyages philosophiques » et les poésies épurées entretenant un rapport avec les éléments (mer, terre, eau, pierre…). Influencé par Henry David Thoreau, Walt Whitman, Friedrich Nietzsche, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Jack Kerouac, les haïkus et les philosophies orientales, il a pu être comparé à Gary Snyder.

Attiré par la France et par Paris (et sa bohème) depuis son tout jeune âge, il n'avait pas trente ans lorsque André Breton le salua dans un numéro de la NRF. À l'écart du cirque médiatico-éditorial, il compose pas à pas une œuvre faite de prose allègre et frondeuse, de poésie nomade, de textes volontiers théoriques. Des livres-mondes, des livres-voies. Avec certes des impasses (mais quelle œuvre n'en connaît pas), Kenneth White « fait la trace », singulière, vigoureuse, où pourrait bien se renouveler profondément notre conception parfois bien étriquée de la littérature et de la poésie. Il est le chantre de « l'intelligence sensible et de la sensibilité intelligente ».

Il aime à citer Rimbaud : « Si j'ai du goût, ce n'est que pour la terre et les pierres », pierres et galets qu'on retrouve partout dans sa maison bretonne.

Citation de Kenneth White : « Pourquoi écrire ? Pour ne pas devenir fou de cette ivresse blanche qui est le sang de l'écriture ».

Sa femme Marie-Claude est sa traductrice de l'anglais au français bien que Kenneth parle parfaitement français.

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