Les soeurs Brontë
La passion, la rage, la fureur d'écrire, les règles de bonne éducation, la religion, la misogynie, les frimas de l'hiver, les courants d'air, la tuberculose, tout y est ! Sheila Kohler a glissé ses mots dans la vie de Charlotte Brontë et raconte la lente éclosion de cette jeune femme dont la misérable condition pécunière la condamne au service des autres. Engluée dans les us et coutumes du XIXème siècle, perpétuellement en quête de subsides pour survivre avec ses deux soeurs, son père vieillissant et son frère mauvais garçon, Charlotte ne désarme pas et écrit inlassablement ce qui deviendra un roman emblématique : Jane Eyre.
Grâce au talent de Sheila Kohler vous aurez envie de relire les soeurs Brontë.
De retour au Canada
Déjà Nature Morte était formidable, alors avec Sous la glace, c'est le plaisir assuré ! L'inspecteur chef Armand Gamache est de retour à Three Pines, cette petite ville à 100 km de Montréal où cohabitent anglophones et francophones. Les maisons sont blotties autour d'un vaste parc et d'un lac qui gelé comme il l'est en cette période de Noël, permet la traditionnelle partie de curling. Las, la très controversée CC de Poitiers meurt électrocutée alors qu'elle regardait cette partie. Personne ne la regrette, c'est sûr, mais tout de même, elle a été assassinée, alors l'inspecteur réserve une chambre dans la maison d'hôtes du village et nous, lecteurs, retrouvons avec bonheur tous les protagonistes du précédent opus. De plus, le froid canadien s'installe, et cette enquête compliquée par la tempête et la neige nous captive, au point d'en oublier de remettre une bûche dans le feu.
Dans la loi des pères, Les Impurs
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Photo de Raphaël Gaillard
Troisième roman publié aux éditions Serge Safran, les Impurs de Caroline Boidé nous emporte dans l’Algérie des évènements, celle qui se disloque alors que de tous temps, juifs et musulmans, non seulement cohabitaient, mais échangeaient, s’aidaient, vivaient leur pays commun avec grâce.
Malek est musulmane, écartée de sa famille parce qu’elle a osé publier de la poésie, David est juif, récemment installé à Alger. Rien ne les prédispose à se rencontrer lui l’ébéniste et elle la bibliothécaire et pourtant c’est une révélation que leur amour, qui les foudroient, les réunit envers et contre tous les ragots, les obstacles. L’auteur construit cette histoire comme une tragédie classique ; trois actes, l’amour partagé puis défait puis sublimé, sur fond de cette guerre civile qui s’exacerbe et que nous suivons comme dans les voix du chœur en lisant les notes qui rythment le roman. Voilà un grand moment de lecture dont l’intensité dit si bien cet amour et cette guerre qui se confondent.
Quinzième année !
Bonne et heureuse année à tous,
et pour vous remercier de me lire dans ce blog de la librairie,
un haïku de Fukan
dans la traduction d'Alain Kervern (chez Folle Avoine)
Semblable à l'an dernier
C'est l'instant où l'an neuf
Est sur tous les visages
Tripolitaines
Il faut se souvenir du Liban de ces années-là : le milieu du siècle dernier, avec ce mélange étonnant de religions, détonant dirait-on maintenant, mais à l'époque, vers 1960, c'était encore le pays du lait et du miel. Kamal Ben Hameda nous transporte dans cet univers par le truchement de la découverte de l'univers féminin au travers du regard étonné et charmeur d'un petit garçon. Toutes les femmes de cette société de Tripoli sont dépendantes de leurs maris, de leurs coutumes, de leurs religions, mais aussi elles régissent la vie des familles, des enfants, et leurs après midi à analyser leur microcosme est source permanente d'enseignement pour le jeune Hadachinou.
L'auteur nous emporte dans la chaleur de ce climat si particulier de Tripoli, le sucre des patisseries, les propos étonnamment directs de ces femmes qui s'exposent au sein d'un gynécée que représente ce roman, empreint de leur malice, leur révolte, leur plaisir.
Fonds Guy Lévis Mano
Guy LEVIS MANO, éditeur et poète
Grâce à mon ami Yves Prié et à Madame Pissaro, je suis très fière de pouvoir proposer à la librairie des ouvrages du fonds Guy Lévis Mano. Dans les prochains mois, nous organiserons une soirée qui lui sera consacrée.
IMMENSE
Immense, oui immense le plaisir de retrouver Karitas Jonsdottir, l'héroïne islandaise de Kristin Marja Baldursdottir. Je ne sais pas si mon amie Olof, islandaise elle aussi, mais qui vit chez nous en Bretagne, pensera de la traduction, mais c'est un pur bonheur de lire à nouveau les aventures de Karitas.
Karitas est une femme islandaise, artiste peintre de talent, mais qui toute sa vie doit lutter pour faire reconnaître celui-ci. Née avec le siècle, elle se plie à la tradition en travaillant pour aider sa mère à payer les études de ses frères. Mais sa mère a reconnu son talent de dessinatrice et l'assure qu'elle aussi, Karitas, à son tour, pourra étudier les Arts et grâce à une rencontre et à son courage, la jeune fille part en Suède étudier. C'était le premier volume :
Dans Chaos sur la toile, Karitas poursuit ses découvertes et surtout continue à vivre envers et contre tous, libre, se détachant des stéréotypes, assumant son indépendance. Elle part à Paris, loin de ses enfants, de son mari qu'elle ne retrouvera qu'épisodiquement tout au long de sa vie ; elle s'installe dans un atelier d'artiste et poursuit son oeuvre, tout en élevant sa petite-fille qu'elle a recueillie au dernier moment juste avant son départ. Karitas peint, expose, vend des toiles, vit à Paris, puis Rome, puis New York, puis revient en Islande, en repart, y revient au gré de sa création, de sa quête. Une vie tendue vers la peinture et pourtant riche de liens familiaux et d'amitié, pleine de passion et de doute, l'itinéraire difficile et passionnant d'une femme libre sur tout un siècle.
LES CONFIDENTIELS: un salon militant (article Pays Malouin)
(cliquez sur l'image pour lire l'article)
les CONFIDENTIELS 2011
Un immense MERCI à André Barbé
pour le somptueux reportage photographique de cette 2ème édition
des CONFIDENTIELS, Salon des petits éditeurs indépendants à Combourg.
Cliquer sur le mot Confidentiels pour vous balader dans le Salon !
D'un projet l'autre ...
Très attendu, ce deuxième volet des aventures de Morgenstern tient ses promesses. Le Projet Shiro révèle un nouvel aspect des conséquences funestes de la 2ème guerre mondiale. Mossad, Japon, armes bactériologiques, tous les ingrédients d’un thriller impeccablement mené et la confirmation d’un auteur.
David S. Khara avait créé la surprise avec son premier roman paru aux éditions Critic, le Projet Bleiberg. L’auteur, journaliste sportif, puis chef d’entreprise, a choisi de se consacrer à l’aventure littéraire en privilégiant un genre très prisé : le thriller, dans la tradition des auteurs américains. L’originalité réside dans l’entrecoupement des époques, les références historiques évoquant ces aspects terribles de la 2ème guerre mondiale que sont les expériences médicales et bactériologiques, ainsi que leur poursuite et développement secrets lors de la guerre froide. Il créé un personnage hors du commun, victime de la folie du Reich, qui a voué sa longue vie à la traque des criminels de guerre, tant sa soif de vengeance est inextinguible. Devenu agent spécial du Mossad, Eytan Morgenstern, se voit assigner des missions particulièrement dangereuses et secrètes, dans la plus pure tradition du genre. Le Projet Bleiberg nous entraînait dans les arcanes d’une machination génétique abominable contre laquelle les services secrets, contraints de s’associer, s’opposaient au Consortium impliqué dans le développement d’armes terrifiantes au mépris de toute humanité. Pour Eytan Morgenstern tout recommence dans ce Projet Shiro. Loin de goûter enfin un moment de répit, il se voit obliger de composer avec son ennemi d’hier, ce Consortium aux méthodes abruptes qu’il combat depuis toujours. Ils ont enlevé son mentor et ami, Eli Kharman, et lui mette le marché en main : coopérer avec leur super agent, Elena. Eytan et Elena sont rivaux ; unis par un passé commun, victimes l’un et l’autre d’expérimentations nazies, mais opposés dans leur vision de l’humanité et leurs motivations. Ils vont cependant devoir s’entendre et associer leurs compétences pour déjouer un complot dont l’anéantissement d’un village tchèque victime d’une attaque bactérienne, n’est pas un des moindres épisodes de cette course poursuite contre le drame. Une trame historique documentée, de la mystérieuse unité 731 en Mandchourie en 1943, à un centre militaire américain de recherches bactériologiques en 1957 jusqu’à l’expérimentation actuelle d’armes de destruction massive. Les époques se répondent, l’intrigue nous tient en haleine, la confrontation des deux agents génère des scènes d’action pure digne du cinéma, et pourtant se dessinent des moments autres qui confrontent le lecteur à ses propres interrogations. L’écriture de David S. Khara possède les qualités indispensables aux meilleurs thrillers, les ruptures de rythme, la saveur des répliques, la précision énergique de la mise en scène. Les références littéraires de l’auteur, de la littérature classique aux contemporains tels Lehane, et aussi le cinéma qui verra bientôt l’adaptation du Projet Bleiberg sont autant d’arguments en faveur de ce nouveau Projet, mené avec maestria, auquel vous succomberez sans nul doute. Il ne vous restera alors qu’à patienter jusqu’au retour d’Eytan Morgenstern, dont « la vérité est vraiment ailleurs ! ».























