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Libre librairie à Combourg

27 mars 2008

Coup de coeur, évidemment !

consolante

Et ben voilà ! Coup de coeur, évidemment ! Pourtant, bien difficile à avaler les deux cents premières pages. Rythme haché, pas de sujet, des points de suspension à foison ... En use et en abuse, brouille les cartes, délite le chagrin de Charles, son architecte de héros ; nous fait languir de connaître Annouk, de comprendre leur relation, de la lire en fait cette histoire qu'il aurait vécue dans sa jeunesse. Et puis arrive Sylvie, la vraie copine de Annouk, et elle raconte, elle, l'histoire de cette infirmière étonnante, attachante, dérangeante, ... morte ! Et là, nous basculons, sans retour, dans les phrases qui nous emportent, nous émeuvent, nous bouleversent, nous font rire aussi après et nous captivent au point que les quatre cents pages suivantes, on se les avale en un rien de temps.

Gavalda, tout de même, c'est quelqu'un ; un univers bien à elle, des bons sentiments c'est sûr, mais en ces temps de dureté insoutenable, qu'est-ce que ça fait du bien, de rire, de pleurer, (oui, on pleure même parfois), d'espérer, de s'impatienter, de savourer, de se promener dans cette campagne qu'elle raconte comme si on la vivait, entourés d'enfants, de chiens, chats, ânes, lama ... au coeur d'un potager raconté par un gamin surdoué.

Laissez-vous embarquer, persévérez, et puis freinez des quatre fers, pour ne pas finir trop vite ; vous passerez des heures de lectures qui laisseront longtemps leur musique dans votre tête et sitôt le livre refermé, Charles, Kate, Mathilde et les autres vous manqueront ... évidemment.

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20 mars 2008

GEOPOETIQUE

kennethwhite

Ce week end de Pâques je m'installe à Bécherel dans les pas de Kenneth White, qui est l'invité d'honneur de la Fête du livre de cette Cité du livre qu'est Bécherel.

Ecrivain, voyageur, poète, titulaire d'une chaire de géopoétique, discipline qu'il a fondée, Kenneth White est l'invité d'honneur de ces trois jours consacrés notamment à  l'Ecosse qui consacre la collaboration de Bécherel avec Wingtown, cité du livre également.

Le samedi 22 mars l'auteur donnera une conférence : "itinéraire d'un Franco-Ecossais",

dimanche 23 mars signature-dédicace le matin et l'après-midi, une conférence : introduction à la géopoétique

lundi 24 mars, lecture sur le thème : de l'Ecosse au monde entier.

Pour accompagner cet évènement voici quelques uns des titres que je proposerai, notamment deux revues de Cheyne éditeur où Kenneth White a signé des articles, le colloque de géopoétique qui vient d'être publié, le N° 6 des cahiers de géopoétique et aux éditions Isolato, deux ouvrages intitulés : Les Finisterres de l'esprit et Dialogue avec Deleuze.

A la demande de l'auteur, je propose également :

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et pour compléter cette liste en image, les titres suivants :

La route bleue, Le plateau de l'Albatros, Atlantica, Les limbes incandescents, et l'anthologie publiée en 2007 : Un monde ouvert.

Biographie extraite de Wikipédia

Kenneth White est un poète et penseur contemporain, né en 1936 à Glasgow. Il réside en France depuis les années 60 à Trébeurden (Bretagne). Théoricien de la « géopoétique », poétique porteuse de sens et de pensée, il alterne des récits de « voyages philosophiques » et les poésies épurées entretenant un rapport avec les éléments (mer, terre, eau, pierre…). Influencé par Henry David Thoreau, Walt Whitman, Friedrich Nietzsche, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Jack Kerouac, les haïkus et les philosophies orientales, il a pu être comparé à Gary Snyder.

Attiré par la France et par Paris (et sa bohème) depuis son tout jeune âge, il n'avait pas trente ans lorsque André Breton le salua dans un numéro de la NRF. À l'écart du cirque médiatico-éditorial, il compose pas à pas une œuvre faite de prose allègre et frondeuse, de poésie nomade, de textes volontiers théoriques. Des livres-mondes, des livres-voies. Avec certes des impasses (mais quelle œuvre n'en connaît pas), Kenneth White « fait la trace », singulière, vigoureuse, où pourrait bien se renouveler profondément notre conception parfois bien étriquée de la littérature et de la poésie. Il est le chantre de « l'intelligence sensible et de la sensibilité intelligente ».

Il aime à citer Rimbaud : « Si j'ai du goût, ce n'est que pour la terre et les pierres », pierres et galets qu'on retrouve partout dans sa maison bretonne.

Citation de Kenneth White : « Pourquoi écrire ? Pour ne pas devenir fou de cette ivresse blanche qui est le sang de l'écriture ».

Sa femme Marie-Claude est sa traductrice de l'anglais au français bien que Kenneth parle parfaitement français.

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14 mars 2008

Si belles mathématiques

VILLA_DES_HOMMES

Je n'avais jamais lu les romans de Denis Guedj. Celui-ci est une découverte, un coup de coeur. Les mathématiques m'ont longtemps fait souffrir, bien que j'aie suivi des études scientifiques. Aurais-je eu un professeur de l'envergure et l'humanité de ce "Hans Singer", j'en eusse sans doute mieux apprécié les beautés.

Ce roman se base sur une libre adaptation de la vie du grand mathématicien, Georg Cantor, père de la Théorie des Ensembles. Le professeur du livre, Hans Singer, subit depuis de nombreuses années des crises qui le conduisent cette fois encore, à la fin de sa vie,à l'hôpital psychiatrique où il se retrouve en 1917 dans une chambre en compagnie d'un jeune français, mécanicien de locomotive, que la guerre et les combats de tranchée ont conduit au bord de la folie. L'improbable amitié qui se construit entre ces deux pensionnaires est un moment merveilleux d'humanité, de respect, d'analyse des grandes tthéories qui conduisent les hommes à grandir et aussi à se déchirer. Nombre de passages de ce texte pourraient faire l'objet d'extrait à citer. Il faut se laisser porter par cette si belle histoire, qui nous raconte à la fois l'infinie perspective des mathématiques et celle des idées à l'aube de ce XXème siècle où l'union des travailleurs de part et d'autre des frontières auraient bien pu empêcher la boucherie, n'était le geste assassin de ce Villain qui tua Jaurès. Promenez-vous donc dans le parc de cet hôpital allemand, en marge du conflit, au seul rythme des conversations qui nourrissent la vie entre parenthèses de ces deux hommes aux prises avec les affres de la souffrance mentale. Vous ne le regretterez pas.

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12 mars 2008

Petite et grande Histoire

RUSSEL_BANKS

Rouge comme la couleur de la robe sur la couverture (et si !), rouge comme le danger, comme les champignons vénéneux, rouge comme la couleur des communistes, rouge comme le feu, la vie, rouge enfin, comme le sang.

Cette réserve n'est pas peuplée d'Amérindiens, c'est un domaine réservé au coeur des Adirondacks (rien que le nom me fait rêver), une région de montagnes, de lacs, de forêts profondes ; la vie au grand air dans des conditions rudes mais saines pour les quelques privilégiés qui ont droit de cité dans cette Réserve où se retrouvent chaque année les happy few propriétaires, avec golf, chasse, pêche, nature et ... traditions !

Le danger se situe à deux niveaux : nous sommes en 1936, Front Populaire en France, Guerre en Espagne, installation du fascisme et du nazisme, la guerre menace mais chacun encore sauf en Espagne se veut à l'abri. Dans les Adirondacks, le peintre Groves, célèbre et sulfureux, pilotant son hydravion comme un souvenir de 1918 où il fut pilote de guerre, rencontre Vanessa Cole, non moins sulfureuse, dangereuse à coup sûr, séduisante plus encore lors d'une visite dans cette fameuse Réserve. Les évènements vont ensuite s'enchaîner inexorablement, les caractères des uns et des autres (famille, amis, entourage) exacerbant les réactions, le contrepoint de l'Histoire en marche en Europe apportant un parallèle qui renforce l'effet de destin. Ce roman de Russell Banks est une fois encore un excellent moment de lecture, et l'étude psychologique qui soustend ses personnages est menée avec maestria.

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06 mars 2008

A petites touches

Line_Aressy

Mérédith Le Dez nous dit : " Les douze nouvelles de Line Aressy réunies dans ce livre sont de singulières miniatures, finement ciselées, comme suspendues à un fil léger et pourtant solide, celui d'une écriture précise et délicate".

C'est bien cette fragrance qui se dégage à la lecture de ces textes ; une lecture à petites touches, qu'il faut savoir retenir, loin de la précipitation de notre vie présente, pour savourer le rythme poétique de ces phrases subtiles et tendres. "De la nuance avant toute chose, ..." écrivait Verlaine. Nous y sommes plongés, nous les lisons à suivre ces nouvelles si simplement racontées, et nous nous surprenons à revenir en arrière, à relire telle ou telle, à les parcourir autrement comme une variation sur un même thème, celui de la beauté finement observée de la vie " sans rien qui pèse ou qui pose".

"Ce n'était pas un de ces arbres fruitiers ordinaires dont on attend avec impatience la récolte. Le cerisier déployait une telle douceur, une telle délicatesse, qu'elle fut tout enveloppée, emplie de sa présence.

Ses branches, autour d'elle, palpitaient comme un coeur qui bat. Il était là, si proche, et lui chuchotait des mots magiques aux nuances infinies de rose tendre.

Elle se laissa inspirer par son eau veloutée et changeante, aux reflets irisés ; comme si elle plongeait dans un regard."

Le Cerisier

Posté par Helenecamus à 15:28 - Poésie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Mise en abyme

MARCUS_MALTE

Mise en abyme ! Impressionnant. Lecteurs - lectrices exigeants, concentrés, persévérants. Mais quel plaisir de continuer, page après page, à démêler le vrai du faux, l'imaginé du réel, le présent du passé. Trois histoires en une, des personnages qui vont et viennent entre fiction et réalité dans la fiction. Oui, vraiment, il faut s'accrocher et le titre  " Garden of love " n'est guère révélateur du genre de ce roman, véritable thriller savamment construit qui nous conduit durant plusieurs décennies sur les traces d'Alex, commissaire compétent mais désabusé, mis au placard suite à une descente aux enfers. Justement cet enfer, se l'est-il créé ? Axel est-il son double ?

Il faut s'habituer à l'écriture de ce roman où l'auteur nous fait glisser d'une époque à une autre, d'un plan à l'autre, sans prévenir, sans précautions d'écriture avec des personnages qui se répondent d'une histoire à l'autre, se superposent et interagissent ; mais peu à peu, le lecteur s'y retrouve, s'attache, s'acharne, juge et s'implique. L'écriture est quasi classique, les scènes évoquées souvent fortes, l'analyse psychologique fouillée et le trouble qui s'en suit n'est pas le moindre des attraits de ce roman qui se mérite.

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05 mars 2008

Les merveilleuses visites continuent !

editons_MLD

Oui, encore une merveilleuse visite d'éditeur : Mérédith Le Dez, qui a créé sa maison d'édition voici un an quasi jour pour jour, (c'était le 12 mars 2007) et qui vient me présenter les deux nouveaux ouvrages qu'elle propose :

rodano

Line_Aressy

Ces rencontres avec les "petits" (!) éditeurs sont précieuses. Mérédith est amie avec Yves Prié de Folle Avoine, a travaillé auprès de Jean-François Manier de Cheyne éditeur. Voilà donc bien une communauté de travail, de pensée, d'éthique, qui me fait l'honneur de venir me rencontrer à la librairie pour me présenter les ouvrages qu'ils fabriquent - pour défendre "leurs" auteurs, choisis avec soin et exigence, accompagnés le temps de leur travail avec empathie et soutien -  qu'ils manufacturent donc avec tellement d'amour, de foi, d'espoir. Alors lisez-les, relisez-les, faîtes-les connaître, parlez-en et reparlez-en et dîtes bien aussi, que nous les libraires (petits !, voire nanoscules !) nous les soutenons, les relayons, les aimons.

Posté par Helenecamus à 15:53 - Au fil du blog - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 mars 2008

Exquis d'écrivains

PIERRE_PELOT

Un petit livre pour Larkéo et sa collection de recettes littéraires, à tout le moins littérairement écrites. Pierre Pelot voyage au gré des "ingrédients" qu'il trouve dans la nature vosgienne et nous concocte des recettes, des idées, des conseils culinaires du meilleur aloi. Bonne dégustation.

Posté par Helenecamus à 18:06 - Au fil du blog - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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