tournez la page

Libre librairie à Combourg

29 janvier 2009

Un MANKELL atypique

MANKELL

Le nouveau Mankell est décidément atypique. Ni policier avec le commissaire Wallander ou sa fille, ni exclusivement Afrique, plutôt dans le genre de Tea bag, mais pas seulement. En fait, il y a une enquête, très longue d'ailleurs, bien complexe mais genre "jeu de piste", il y a la Suède, il y a l'Afrique et aussi l'Espagne, et la Grèce ; c'est un roman de la mondialisation, c'est un roman constat des manipulations des puissances occidentales via leurs entreprises florissantes (notamment pharmaceutiques) sur les états africains les plus pauvres (et ils sont légions).

Voici la description d'un continent éviscéré, contaminé au delà du possible, acculé à la violence mêlée de fatalisme, un pan entier du monde pour lequel il vaudrait mieux qu'il n'ait pas d'avenir (dixit un des personnages africains). La quête de Louise sur les traces de son fils, ses pensées qui jalonnent le récit comme autant d'appels d'air, ses découvertes de pays en pays, continent en continent, son effroi grandissant, sa détermination à venir ...

J'ai aimé ce nouveau roman de Henning Mankell (traduction Rémi Cassaigne) dont le thème aussi insupportable soit-il, doit nous interroger.

Posté par Helenecamus à 10:40 - Romans - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 janvier 2009

Une autre vision de l'Espagne

Sansom

Voici un gros roman que je n'avais pas eu le temps de lire à sa sortie en octobre 2008. Il nous emmène en  Espagne, via l'Angleterre, grâce au recrutement par les services secrets anglais d'un jeune professeur d'espagnol de Cambridge en raison de ses amitiés électives lors de ses études dans une Public School. Harry Brett va ainsi se retrouver immergé dans la vie civile espagnole en 1940 à cette période charnière où Franco a pris le pouvoir, repoussant les républicains qui avaient été aidés par Moscou, et se livrant à leur tour en représaille à des exactions qui achèveront de réduire l'Espagne à la délation, la misère et la violence. Harry Brett est censé faire fonction d'interprète à l'ambassade du Royaume Uni à Madrid, "couverture" de sa vraie mission : espionner un ancien condisciple qui trempe dans des affaires intéressant le gouvernement franquiste. Nous allons ainsi découvrir une facette moins connue de l'Espagne, les camps où sont parqués les prisonniers de la guerre civile, les tractations avec Himmler, le chantage du gouvernement de Franco vis à vis des pays alliés, le passage des familles juives qui fuient la France occupée pour gagner le Portugal et l'Angleterre.

Les personnages de Harry, Sandy, Bernie, Barbara, Sofia sont attachants et permettent au lecteur de mieux s'approprier cette fresque historique en rendant cette période particulièrement sensible plus intelligible et font de ce roman une lecture bien captivante.

Traduction : Françoise Rose

Posté par Helenecamus à 16:12 - Romans - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 janvier 2009

Good Luck Mr. President !

Barack_Hussein_Obama

Loin de moi l'idée de faire le panégyrique du nouveau Président des U.S.A., mais j'ai eu envie de lire ce petit opuscule traduit par François Clémenceau du discours prononcé par Barack Hussein Obama le 18 mars 2008 à Philadelphie pour contrer les attaques qui l'assimilaient aux dérives ultra-corporatistes du révérend Wright.

Ce texte est très court, il bénéficie d'une bonne introduction rédigée par F. Clémenceau et est publié dans les deux langues. La réflexion sur les races qui soustend ce discours peut effectivement s'appliquer à tous les pays du monde et nous donne un espoir sérieux en ce qu'il prône le dépassement des clivages raciaux et corporatistes pour une vraie prise de conscience des efforts que nous devons tous faire pour chercher ensemble des solutions à la déréliction actuelle en faisant fi des différence et au contraire en s'appuyant sur elles pour en faire notre force.

Posté par Helenecamus à 15:45 - Au fil du blog - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 janvier 2009

Rentrée Littéraire janvier 2009

La couleur bleue domine sur les couvertures des romans de cette rentrée littéraire de 2009, sauf la réédition d'un ouvrage de Oates qui, chez Stock - La Cosmopolite, est en rose bien sûr ; et puis Le Paul Auster qui flamboie en rouge profond.

Voici donc en photos un petit aperçu de mon programme de lecture pour les jours (semaines ! plutôt) à venir que je vous soumets. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires, cela m'encourage au quotidien et en ce moment les libraires aussi en ont foutrement (oups) besoin !

Andr_i_MakineAlain_MabanckouJulie_MazzieriAndr__VersAl_GoreFr_d_rique_Cl_men_onJean_Marie_PeltJonathan_CoeJoyce_Carol_OatesJuan_Manuel_de_PradaMil_na_AgusPia_PetersenPaul_Auster

Ne me dîtes pas que cela fait beaucoup : c'est assez minimaliste par rapport à l'hémorragie bisannuelle des publications (plus de cinq cents titres en janvier !). Cependant, sans les lire tous (et il y en a que je n'ai pas encore mentionnés) vous pouvez déjà vous concocter une belle fin d'hiver avec lecture au coin du feu. Bon courage à tous.

Posté par Helenecamus à 10:36 - Au fil du blog - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 janvier 2009

Tragédie dans la Haute Société

HAUTE_SOCIETE

Dernier et cruel roman de Vita Sackville-West que je lis compulsivement avant d'attaquer la rentrée littéraire de ce mois de janvier 2009. Il est bon de prendre du recul devant le foisonnement de titres qui s'annoncent.

Cette Haute Société pétrie de conventions bourgeoises, engluée dans des considérations victoriennes a façonné Evelyn, cette grande bourgeoise très veuve, très correcte et très belle qui se consacre à sa belle-famille et à son fils unique. Eton, Oxford sans doute, un titre de baronnet pour son beau-père, de l'argent, des toilettes, des rendez-vous obligés mais qui structurent l'oisiveté joyeusement voilà donc la vie de Evelyn, jusqu'à ce qu'elle rencontre lors d'un bal londonien très prisé un élégant aristocrate, de quinze ans son cadet, dont la carrière politique est a contrario de toutes ses idées bien qu'il soit cependant propriétaire terrien. Son amour pour ce jeune Miles va la conduire à tous les compromis, toutes les concessions et le climat passionnel se gangrénera de fréquentes disputes dues à l'antinomie de leurs deux milieux. Ce récit fait penser à Adolphe de Benjamin Constant ; c'est une longue valse hésitation avec ses accélérations de bonheur et ses interminables circonlocutions conventionnelles. Evelyn souffrira, Miles souffrira, la Haute Société se verra mise à jour de la plus ridicule des façons n'était la tragédie qui guette, s'installe, se déroule implacablement.

La traduction est de Bernard Delvaille.

Posté par Helenecamus à 16:52 - Romans - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 janvier 2009

Le mauvais feuilleton trouve son épilogue

SUBVENTION

Feuilleton du XXIème siècle de bien mauvaise tenue

Feuilletant durant les fêtes le Livres Hebdo d'une amie libraire (petite librairie telle que la mienne, mais plus belle), je découvre un entrefilet à propos des bénéficiaires de cette fameuse subvention qui m'a été refusée fin décembre (cf l'article Découragement de ce blog).

Les bénéficaires de cette subvention ont été les libraires dont le chiffre d'affaires était au minimum de 300000€ et au plus (mais allez savoir !) 1 000 000€. De plus pour obtenir le maximum de cette aide, qui est de 10000€, il fallait tendre vers la limite supérieure ! Les autres "petits à 300000€ de CA" ont dû se contenter de 5000€. Pour donner une idée de ce que représentent ces montants il suffit de savoir que la subvention minimale représente pour une "nano libraire" comme moi l'équivalent d'un bon mois de traites pour l'achat des livres. Cela représente aussi un mois de masse salariale pour 2,86 vendeurs en librairie payés au SMIC, ce qui me semble être le moins dont doit s'entourer un "petit" libraire qui dépasse le "petit" CA minimum requis.

Las ! Comment ai-je pu être assez présomptueuse pour constituer un dossier pour une subvention censée aider la "petite" librairie de création et l'aider au développement et au maintien des fonds en librairie quand elle justifie d'une participation significative au développement culturel local. Décidément, je ne mérite même pas de concourir, voire même puis-je vraiment prétendre me déclarer libraire !

Posté par Helenecamus à 11:48 - Au fil du blog - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Encore et toujours, Vita Sackville-West

Vita_Sackville_West

Quel personnalité imposante et hermétique que celle de Sir Mortibois. Une fois encore c'est par le récit des préoccupations d'une femme, son épouse en l'occurence, que nous allons pénétrer dans la vie privée de ce couple de la Haute Bourgeoisie anglaise après guerre. Quoi de plus banal qu'un week end de Pâques auquel Rose Mortibois convie sa soeur, son beau-frère, son neveu, le frère de son mari et une amie à elle. Décidément le talent de Vita Sackville-West est bien grand pour nous permettre de nous passionner pour une intrigue quasi inexistante. Alors bien sûr, un secret entre les deux époux ? Un château merveilleux en tous cas que celui d'Anstey, ouvert au public pour ce dimanche de Pâques qui marquera un tournant décisif dans la vie de tous ces personnages.

Le lieu est beau, les caractères des personnages tout en nuances, la traduction de Micha Venaille souligne celles-ci avec délicatesse, un roman plus anglais que nature qui vous emportera loin de la fureur actuelle sans que cette évasion soit vaine pour autant.

Posté par Helenecamus à 11:37 - Coup de coeur - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Merci les blogs

WHARTON

Merci les blogs, oui ! En effet, j'ai découvert cet excellent livre dans le blog du Bibliomane. Une fois commencé, plus moyen de s'arrêter. C'est une mise en abyme permanente dans le monde du livre, de la pensée du livre à sa fabrication. Une jeune libraire québécoise sur les décombres fumants d'une librairie détruite par la guerre qui oppose le Québec aux anglais au XVIIIème siècle raconte telle une Shéhérazade l'histoire du livre infini à un colonel, Louis Antoine de Bougainville, qui passe par là. Improbable, historiquement possible, mais tellement romanesque. Nous allons alors découvrir la véritable histoire de cette jeune libraire, et partir à l'aventure autour du monde. Des pays balkaniques au Québec en passant par Venise,  l'Egypte, l'Afrique noire, l'Angleterre et j'en passe, nous suivons le merveilleux et terrible périple d'un bateau imprimerie dont le capitaine Nicolas Flood est imprimeur et inventeur, en quête d'un livre magique qui soit le tout de l'univers. Le château du Comte d'Ostrow où a commencé l' histoire de ce livre fabuleux est un lieu fou, magique, terrifiant et Nicolas Flood  en sera la victime et le héros. La quête commence et chaque étape de la conception de ce livre unique est prétexte à une histoire à la manière des Mille et une nuits. Les personnages se succèdent, étonnants, fascinants, les histoires s'entremêlent sans que jamais le lecteur se perde et la boucle s'achève en un superbe hommage au Livre, à ceux qui les écrivent autant que ceux qui les réalisent.

La traduction de Sophie Voillot de l'anglais (Canada) est merveilleuse et la langue qu'elle nous restitue contribue grandement au plaisir ineffable de la lecture.

Posté par Helenecamus à 11:25 - Coup de coeur - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1