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Libre librairie à Combourg

27 mai 2009

Le sable du monde

Jean_Fran_ois_POCENTEK

Merci Monsieur Jean-François Pocentek. Je referme juste ce roman poème, je laisse un moment le bouillonnement des images reposer, les émotions se retricoter à l'instant présent, mes mots à moi revenir à la surface pour dire le bouleversement que la patience des goélands a installé.

Je voudrais un crayon magique pour souligner toutes les phrases en les élisant les unes après les autres, retenir des paragraphes entiers ; je les reconnais ces enfants qui habitent vos lignes, l'enfant lune surtout je le connais et comme vous je l'aime, et vos mots le caressent et le font vivre avec joie et tendresse. Camille aussi j'ai cheminé à son côté, écouté sa vie, embrassé la mer avec ses yeux. L'espace d'un livre, grâce à vous, j'ai été cette femme assise sur le banc face à la mer, se racontant ses vies, ses rencontres, le bon et l'injuste, l'amour et le chagrin et puis la simplicité du jour qui passe, éclairée de chaleur humaine, endeuillée des départs aussi, vivante d'écriture dans le sable du monde.

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26 mai 2009

Monsieur Rougerie est venu

giselle_2

Monsieur Rougerie (et Gisèle !),

éditeur de poésie

Monsieur Rougerie est venu, comme chaque année au printemps, me faire découvrir les dernières parutions : toutes imprimées sur Gisèle (voir photo), et quand on passe le doigt sur les pages on sent le grain de l'écriture.

JACQUELINE_ROQUES "Chez elle, les images des ans se fanaient de poussière et n'avaient rien à faire avec la masse des temps.

Alors, en grand secret entre harmonie et fureur silencieuse, elle vivait."

F

"Le soir ils ne sortent pas, restent assis sur le seuil de la maison, les yeux ouverts mais ne regardent pas plus loin que l'au-delà de cet oiseau glissant dans le vide, ils écoutent cette femme qui leur sourit avant de s'éteindre comme une bougie que l'on souffle, droite et raide."

LETTRE_BARREE

"le vent me fend les ailes

ouvre la porte maman

j'ai attrapé la rage

peur  peur  peur

il faut me mettre en berne

border ma détresse à grands bras"

Et d'autres auteurs encore :

Emmanuel FLORY pour "Sur le ton exact du désir" :

"Ce n'est rien d'autre qu'un peu de sable mouvant échappé de quelques pages de Venise

comme on répète en silence les mots inventés d'un véritable amour".

Pierre BACLE pour "Traces pour le silence" :

"Un murmure dans les taillis caché derrière les volets clos, la lumière déjà manque au lierre, un mot s'est pris au piège sur le mur"

Georges DRANO pour "Premier soleil sur les buissons" :

"S'approcher du buisson, de l'insaisissable, laissant les plantes devenir ce qu'il est, jusqu'à l'état sauvage des racines entre les pierres. Loin de la liesse des lierres escortés par les nuages. Il ne manque pas une feuille au chant des feuilles où le jour se découvre. D'où il vient, que ramené à l'étendue d'une touffe végétale, le sujet n'échappe pas à

son destin terrestre".

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23 mai 2009

Cher amour

Cher_amour

Les voyages sont le théâtre de la vie ; celle de Bernard Giraudeau allie les deux : comédien, marin et voyageur insatiable, toujours à la découverte de contrées authentiques, qui le ramènent à lui autrement, à la manière de la scène où la confrontation avec soi est permanente. Cher amour est un récit magnifique, d’une poésie fascinante et ces longues lettres que l’auteur écrit pour séduire, raconter, partager cette vie multiple sont autant de poèmes au monde, à sa beauté parfois innommable, aux femmes surtout. Cette Madame T. à laquelle sont destinées ces pages offre le visage du rêve, de l’espoir, du partage. Omniprésente mais en filigrane, elle accompagne l’auteur, magnifiant sa perception de l’ailleurs, la transcendant. L’authenticité régit toutes ces expériences qu’elles soient théâtrales ou pérégrines, B. Giraudeau nous les raconte avec une sincérité pudique, la délicatesse de l’écriture le dispute à la tendresse et nous rêvons, rêvons d’avoir vécu une vie aussi humaine.

Posté par Helenecamus à 11:29 - Coup de coeur - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mai 2009

Des vies ordinaires

Carrere

D'autres vies que la sienne, d'autres vies que les nôtres, pourtant des vies comme les nôtres mais qui sont confrontées à l'exceptionnel, au drame. Emmanuel Carrère raconte avec une humanité intense ces vies de personnes rencontrées par hasard, qui viennent heurter ses problèmes personnels avec force du fait d'un contexte exceptionnel : le tsunami au Sri Lanka tout d'abord ; puis drame plus personnel qui touche son épouse, la chronique de la mort annoncée de sa belle soeur. Tous ces mots qui définissent ceux dont il raconte l'histoire ont l'air quelconques et pourtant ...

Emmanuel Carrère livre ici un récit dont la part autobiographique s'inscrit en filigrane tandis que ce qu'il raconte est une "commande" : "toi qui es écrivain, tu devrais raconter cette histoire". Aussi met-il au service de ces vies transformées en destin toute sa sensibilité et nous allons vivre avec lui ces histoires ordinaires faites d'émotion, de sourire, de larmes, et surtout la grandeur ignorée qui se dévoile de ce travail de l'ombre de sa belle soeur, "simple" juge d'instance dont l'engagement force l'admiration. Au delà du témoignage, le style limpide de l'auteur, le choix précis et intense des mots nous conduisent à une empathie revigorante qui nous aide à dépasser les stéréotypes. Ces personnes deviennent des personnages d'une histoire qui les dépasse, prenant la dimension des tragédies classiques et la vérité de leurs sentiments, leur honnêteté nous grandit.

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15 mai 2009

Bientôt les élections européennes !

HALIMI_2

Le 7 juin prochain nous devrons voter pour élire nos députés européens. Gisèle Halimi et son association : CHOISIR, la cause des femmes, ont étudié les législations des 27 pays membres afin d'identifier les lois les plus avancées pour les femmes.

Aussi, si vous êtes une femme européenne, il vaut mieux pour vous :

naître aux Pays-Bas,

être éduquée au Danemark,

se marier en Autriche,

avorter en Suède,

divorcer en Espagne,

contracter une Union Civile en Belgique,

prendre un congé parental en Suède,

vivre l'autorité parentale en Estonie,

porter plainte pour violences conjugales en Espagne,

et pour viol en France,

et contre la prostitution en Suède,

fuir le harcèlement en Lituanie,

travailler en France et se faire élire en Belgique.

(Cyniquement en France l'idéal serait le viol sur le lieu de travail !)

Alors :HALIMI_1

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07 mai 2009

La patience des goélands

Jean_Fran_ois_POCENTEK

Un bonheur de libraire, une fois encore : ce matin au courrier un petit livre à la couverture blanche avec rabats et le fameux hibou à lunettes ; le dernier ouvrage de Jean-François Pocentek. Je vous ai déjà fait part de mon enthousiasme pour ses deux premiers titres publiés chez ce même merveilleux éditeur : Café des immobiles et L'écluse des inutiles. Les trois récits sont indépendants mais l'univers de l'auteur les relie par la beauté des phrases, les accents verlainiens de son écriture, la délicatesse et la pudeur des sentiments qui animent ses personnages, leur infinie simplicité. Un homme est assis sur un banc, face à la mer du Nord, une femme vient s'asseoir à ses côtés pour reprendre souffle.

Et l'auteur m'écrit dans sa dédicace : "Un homme, un banc, une femme et la patience des goélands qui gardent le sable du monde". Emotion.

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RESPIRE

Respire

Oui, il en faut du souffle pour surfer sur ces vagues gigantesques qui déboulent sur les côtes de l'Australie et pour lire d'une traite ce très bon roman de Tim Winton.

Un secouriste urgentiste raconte ce que fut son adolescence de gosse de vieux, paumé, acoquiné à un autre gamin tout aussi perdu que lui mais affamé d'exploits, enragé dans la provocation du danger. Tous deux font connaissance avec un adulte, ex gloire du Surf aux USA, qui les provoque à son tour et surtout de challenge en challenge les conduit à prendre des risques terribles. La compétition fait rage, les tentatives de surfer des vagues de plus en plus grosses, de plus en plus perfides les conduisent à des moments où la peur devient terreur et extase. Les dangers se font points lointains dans le paysage de cette adolescence mono-maniaque centrée sur le surf, la raison et les limites physiques se combattent, l'Australie déploie son rythme si particulier de saisons inversées, de démesure, de folie.

Tim Winton est décidément un très grand romancier, la traduction de Nadine Cassie restitue une écriture en mouvement qui colle parfaitement à l'âge du narrateur, avec un rythme soutenu que le déferlement des vagues , l'âge des protagonistes, l'immense soif d'exploit et la peur mélangée à la l'exaltation.

Posté par Helenecamus à 10:29 - Coup de coeur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

De retour d'Amsterdam

Librairie_Amsterdam

Je rentre d'Amsterdam et devinez : j'ai trouvé une librairie de rêve (photo ci-dessus). Comme cela elle ne rend pas bien mais elle était merveilleuse et la libraire parlait français. J'ai donc pu acheter moi-même un exemplaire de La Peste de Camus pour ma collection de "pestes" du Monde Entier. Forcément, je suis une peste, je m'appelle Camus et je suis née en 1957 l'année du prix Nobel d'Albert Camus, alors ça créé des liens. Une idée de libraire n'est-ce-pas ? N'empêche que ! Tous mes amis participent et maintenant je possède une belle collection : Grèce, Croatie, Iles Féroé, Canada, Etats Unis, Angleterre, Espagne, Portugal, Belgique, Allemagne, Autriche, Russie, Tchéquie, et maintenant Hollande.

Posté par Helenecamus à 10:13 - Au fil du blog - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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