27 août 2009
Drôles d'inventions
Ce message est plus particulièrement destiné à J.P.B., Christophe et autres amateurs de nouveautés hautement technologiques dont l'ingéniosité le dispute à l'efficacité !
Gaston de Pawlowski (1874 - 1933) est un disciple d'Alphonse Allais et Raymond Queneau était très friand des trouvailles de cet inventeur de génie : pour exemple, le savon antidérapant garni de clous qui ne glisse plus entre les doigts, le boomerang qui ne revient pas afin d'éviter les accidents ...
Je vous livre ici un fragment de ce joli livre publié chez Finitude et qui ne manquera pas d'enchanter vos soirées :
"Il nous faut bien reconnaître, hélas !, la parfaite utilité du nouveau trou de serrure entonnoir phosphorescent pour ivrognes, qui permet de rentrer chez soi, sans hésitation, après de nombreuses libations. Le trou de serrure entonnoir phosphorescent se trouve dans toutes les bonnes serrureries d'art. Il se fait en deux modèles : le modèle ordinaire et le modèle renforcé pour "delirium tremens". Le modèle renforcé est identique au modèle ordinaire ; il en diffère seulement en ceci que le trou de la serrure est aimanté. L'aimantation peut être simple pour diriger uniquement la clé vers la serrure. Elle peut être provoquée également par un électro-aimant de grande taille, fixé derrière la porte, pour redresser l'ivrogne qui tient sa clé en main, même s'il vient à rouler sur le tapis de l'escalier. C'est une invention pratique, simple, et dont l'exécution artistique est du meilleur effet...."
26 août 2009
REDEMPTION
Autofiction ? Autobiographie ? Simplement le narrateur dit "je" et ce récit prend alors une dimension plus vive, plus singulière. Ce n'est plus simplement l'histoire d'un alcoolique que sa famille révoque par lassitude devant des engagements jamais tenus, mais surtout l'histoire vue de l'intérieur d'un quinquagénaire qui a lassé tout le monde, sa femme, ses enfants, ses collègues, qui s'est coupé ainsi d'une carrière d'auteur déjà reconnu, et qui se retrouve au pied du mur : Myléna, sa femme, lui déclare saturation et il prend le large pour ne pas être renvoyé.
Commence une longue quête qui va passer par la recherche de petits boulots pour gagner au moins de quoi boire, et manger aussi, et se loger peut-être ; des circonstances favorables interviennent comme autant de lueurs d'espoir, ténues mais prégnantes, un logement en prêt, un boulot dans une scierie, un patron peu amène mais teigneux, qui ne relâche jamais la pression, maintenant une cadence qui force à tenir la bouteille en respect. Une longue découverte de soi, un manque amoureux qui va peut-être prendre le pas sur l'alcool.
Eric Holder nous conte, le temps d'un bref roman, tout un pan de vie qui s'effondre et la reconstruction pas à pas, vers une deuxième mi-temps plus humaine, plus sensible, plus offrante. Le rythme de l'écriture, la description d'une nature qui transcende les souffrances de l'auteur, d'un travail brutal mais hypnotisant nous attachent à cette aventure dont nous aimerions qu'elle ne soit pas rare.
Vers le néant vaste et ...
Il y avait eu la Pleurante des rues de Prague, qui s'effaçait tout en racontant Prague autrement. Cette fois l'effacement prend des proportions définitives. Aurélien est un informaticien un peu falot, gentil, consciencieux, homme d'habitudes. Il a une fiancée, charmante, une maman particulière et un frère, handicapé. Et, le temps d'une semaine, chaque jour lui apporte une déconvenue supplémentaire : au début, pas d'inquiétude, seulement la loi de l'emmerdement maximum qui veut que son ordinateur meure, un dégât des eaux se profile, etc... Cependant, le lendemain, il s'aperçoit que les passants le bousculent plus qu'à l'ordinaire, que ses collègues oublient de lui proposer de faire la pause déjeuner, commandent sans lui demander son choix voire même lui font remarquer qu'il est "flou". La semaine avance, ses traits s'amenuisent et tout ce qui fait l'essence de l'être se désagrège.
Sylvie Germain ose jusqu'au bout cette parabole fantastique qui traite du souvenir, de la mémoire ; la consommation, les échanges, le travail sont essentiels mais ce qui définit la vie elle-même, ne serait-ce pas le regard, la mémoire des autres que nous occupons au quotidien sans pour autant en faire cas sauf si tout cela vient à manquer.
22 août 2009
Feu, eau, miroirs
Après la neige de Déneiger le ciel, le feu et l'eau pour ce nouveau roman d'André Bucher. J'ai eu l'honneur de le recevoir dédicacé par l'auteur grâce à mon ami Didier qui me l'a rapporté. La dédicace évoque le vertige du feu et de l'eau, la résurgence d'un mythe. Nous y sommes en effet. C'est un grand beau livre, où les éléments se combattent, se conjuguent, dépassent les hommes les entraînant dans un véritable opéra. Leurs vies sont bousculées comme brindilles dans le brasier, des cataractes de sentiments les malmènent, la solitude, elle, les recouvre mois après mois, années après années conduisant Sam, sa mère Elise, et aussi Charles, Rose et les autres à des non-dits, ou plutôt des dits autrement, sublimés par la nature, les oiseaux, les arbres, la montagne, les marais.
Difficile de raconter l'histoire ; bien sûr il y a "un vol d'identité", un emprunt plutôt, qui conduit Sam à tenter de s'éloigner de son Jabron natal pour essayer une résurrection, loin de l'amour étouffant de sa mère, mais ce n'est pas si simple. Le besoin de racines, la connaissance d'un paysage dont on est issu, la symbiose des éléments : air, feu, eau, terre compose des chants sublimes, et l'écriture d'André Bucher, là encore, les transcende, les orchestre, mêlant le rythme syncopé du jazz, musique des hommes qui cherchent et souffrent à des moments très amples, musique de la nature immense et souveraine.
L'écriture est si belle, si rare, la poésie si présente, qu'il faut lire et surtout relire, et relire encore.
AMOUR DES LIVRES / LIVRES D'AMOUR
Encore un bonheur de libraire, ce matin ! En ouvrant ma boîte de courriels, des commentaires de Paola Calvetti elle-même ! et cerise sur le gateau, un lien pour aller découvrir qu'elle a rédigé un message sur son blog pour présenter ma librairie ... en Italie ! Ouah ! Je suis comblée : l'amour des livres d'amour fait son chemin. Je mets le lien pour que vous aussi puissiez aller vous promener dans la librairie d'Emma. Vraiment, Rêves & Sortilèges, voilà une enseigne qui porte bien son nom.
http://blog.librimondadori.it/blogs/calvetti/
21 août 2009
Trop la chance !
Jean-François POCENTEK
Spécialité : roman, nouvelles
Description
Jean-François Pocentek est né en 1958 à Valenciennes. Après une enfance et une adolescence dans les corons des mines et des études à l’Université de Valenciennes, il a d’abord été enseignant. Il a ensuite choisi de travailler auprès des adultes en formation, et notamment avec les personnes handicapées. Cela reste son activité salariée. Il anime aussi des projets collectifs d’écriture. Il vit aujourd’hui dans l’Avesnois.
Auteurs de chevet :
Perec, Simenon, Jules Renard, Haruki Murakami, Michel Tremblay.
La patience des goélands, Éditions Lettres Vives, 2009
Pour un instant, Éditions Sansonnet, 2009
L’écluse des Inutiles, Éditions Lettres Vives,2007
Café des Immobiles, Éditions Lettres Vives, 2005
La Dame à sa fenêtre, Éditions sansonnet, 2004
Le Cahier de Sophie, avec Sophie, Editions Plein Chant, 2002
Regards croisés, Centre Régional de la Photographie, 2001
Le Cahier de Monique, avec Monique André, Editions Plein Chant, 2001
Le Cahier d’Alain, avec Alain Marsac, Éditions Plein Chant, 2000
Le Cahier de Marie-Claire, avec Marie-Claire Garassus, Éditions Plein Chant, 2000
Le cahier de Camille, Collection Annoëlle, Éditions Plein Chant, 1998
Constant, Revue Plein Chant, automne 1995
Les mangeurs de pommes de terre, Coll. la Fons Secrète, Éditions Plein Chant, 1992
(informations fournies par le portail Eulalie, actualité des auteurs du Nord-Pas de Calais).
Qui est la libraire qui a le plus de chance aujourd'hui ? C'est moi : Jean-François Pocentek est venu me voir à la librairie, arrivant tout droit de ch'Nord, en route vers le Morbihan. Il m'a offert un petit texte qui est édité aux Editions Sansonnet à Lille et qui s'intitule "Dans un instant". Une gourmandise que je me réserve pour la soirée, sur la terrasse avec un bon café et les chats qui joueront autour de moi. Il me reste à prendre contact avec les Editions Sansonnet afin de proposer à la librairie cette collection : "Récits d'ici", et essayer de me procurer ses textes chez Plein Chant.
C'est un homme charmant, au sourire généreux, dont l'écriture me ravit depuis que je l'ai découverte grâce au Café des immobiles, publié chez Lettres Vives, superbe maison d'édition dont les pages sont encore brochées sur beau papier dans la collection dirigée par Claire Tiévant.
18 août 2009
Amoureusement roman
Grâce à mon amie Monique, excellentissime libraire à Tréguier, j'ai découvert le roman de Paola Calvetti : un bijou, une gourmandise. Roman et roman épistolaire à la fois, ce qui témoigne d'une maîtrise d'écriture, c'est l'histoire d'une femme d'une cinquantaine d'année qui décide de quitter son travail dans lequel le stress et les contraintes technologiques lui imposent un rythme impossible pour devenir libraire. Mais quelle libraire ! Elle ouvre la librairie "Rêves & Sortilèges" en plein coeur de Milan, un lieu essentiellement consacré aux romans et plus téméraire encore aux romans d'amour : les amours impossibles, les amours rêvées, les amours déçues, les amours ....
Au fil du roman elle développera sa boutique en faisant un hâvre hors du temps, où les chefs d'oeuvre classiques voisinent avec le meilleur de l'écriture contemporaine. Ce thème passionne bien plus de clients qu'on ne le croit et peu à peu une clientèle choisie et enthousiaste fait de son projet un franc succès, faisant mentir son pessimiste comptable (qui en est ravi) !
Cependant le bonheur de ce roman ne réside pas seulement dans la création de cette librairie (dont je rêverai !) mais aussi dans la rencontre que Emma (la libraire) fait grâce à sa librairie : son amour de jeunesse, de passage à Milan et qui est architecte. S'en suit une correspondance à la manière des lettres de Simone Beauvoir et Nelson Algren, et c'est un bonheur de suivre l'évolution de cette idylle, prétexte à des anecdotes sur New York, l'architecture, la libraire, les bibliothèques, les habitudes de vie dans ces deux pays.
Ce livre se dévore, mais vous aussi vous freinerez au dernier virage pour ne pas le terminer !
13 août 2009
UNIVERS JEUNESSE
UNIVERS JEUNESSE à la Librairie
Article de Ouest France du 13/08/2009 - Danièle Boudet, correspondante
"La librairie-galerie Tournez la page, vient d'ouvrir un nouvel espace consacré aux livres, albums et documentaires pour les tout-petits, les enfants et les adolescents : Univers jeunesse. Ce lieu est le domaine de Lorraine Leclercq, qui, dans le cadre d'un BTS management des unités commerciales : "développe l'offre, agrandit la surface de vente, propose davantage de références en livres jeunesse dans un espace où existe un véritable accueil des enfants".
Des jouets, des sièges colorés, un tapis sur lequel on peut s'amuser, des étagères basses accessibles aux petites mains, invitent au plaisir de la découverte. Lorraine a la responsabilité de la réalisation du projet sous la supervision d'Hélène Camus, libraire à Combourg depuis douze ans."
11 août 2009
l'enchaînement des fatalités !
Un roman policier dans l'humeur d'un Connelly, avec peut-être plus de psychologie dans l'étude des personnages. Koryta nous rend son détective privé très attachant, ce d'autant que la loi des séries s'acharne contre lui : jugez-en, au motif de rendre service à son ex-fiancée dont le mari vient d'être sauvagement assassiné, il se retrouve pris dans une nasse inextricable où sa culpabilité semble ne faire aucun doute. Heureusement son coéquipier croit en lui et va l'aider dans une enquête contre la montre pour faire la lumière sur une affaire qui n'est évidemment pas aussi simple qu'il y paraissait. Le rythme est agréable, les rebondissements surprenants, la ville de Cleveland déroutante, et le lecteur peut savourer un bon polar.
04 août 2009
YANVALOU
Yanvalou : "Quand nous entendrons le choeur crier : Je te salue Ô terre, j'irai vers le premier tambour et je lui dirai : S'il vous plaît, monsieur, un yanvalou pour Charlie."
Le yanvalou est le salut à la terre ancestrale qui permet de s'ancrer dans ses racines, sa terre natale, sa communauté. Lyonel Trouillot nous conte ici, au fil de quatre récits qui se complètent, la quête de quatre jeunes adolescents abandonnés dans une Haïti aux multiples visages, désireux de se garantir un avenir moins intolérable que leur passé et leur présent, quitte à voler, tromper, tuer peut-être. Un jeune avocat d'affaires, à l'ambition mâtinée de nostalgie refoulée, se trouve confronté à son passé en hébergeant contre sa volonté un de ces jeunes, natif de son village, qui lui raconte en un seul souffle ses origines, sa vie à l'orphelinat du Père Edmond, ses actions avec sa petite bande, l'épilogue qu'il lui reste à vivre. Les récits se succèdent, retraçant la coexistence des mondes en Haïti, ceux des oublieux de tout, désireux de se construire à l'occidentale, ceux enfermés dans leur condition délétère, confrontés à la violence et la désespérance. L'écriture épouse le point de vue des personnages et nous questionne quant à notre prise de conscience, nos engagements, notre condition même.
Sortie : fin août 2009























