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Libre librairie à Combourg

24 septembre 2009

Littérature étrangère chez BELFOND

uNE_AME_PERDUE

C'est une belle collection que la "littérature étrangère" chez Belfond. Vous y trouvez des auteurs de pays et d'époques très différents mais toujours de fascinantes découvertes : Anita Brookner, Renate Dorrestein, Douglas Kennedy, Colum McCann, Haruki Murakami, C.J. Samson ... pour ne citer qu'eux.

Cette fois, par la magie des services de presse, j'ai découvert Giovanni Arpino dont vous connaissez peut-être déjà un roman : Parfum de femme superbement adapté au cinéma par Dino Risi.

Dans ce petit roman court, à la manière d'un Stefan Zweig, j'ai retrouvé une atmosphère trouble et étonnante : un jeune orphelin s'installe chez son oncle, l'ingénieur, à Turin le temps de passer son baccalauréat avant d'entreprendre des études universitaires. Il était pensionnaire et se retrouve un peu perdu dans cette famille qu'il connaît à peine et qui mène une existence extrêmement réglée, quasi monastique et surtout centrée sur les besoins d'un parent, enfermé dans la maison pour cause de démence. Romantisme, mystère à la Brontë, mais chaleur italienne, les découvertes que Tino fera le temps de sa semaine d'examen le marqueront à jamais.

Le suspens, le rythme sont tenus, les inquiétudes s'installent au fil de phrases ciselées (traduction de Nathalie Bauer), nous lisons d'un souffle.

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22 septembre 2009

Islam réalité et légendes

Nedim_G_rsel

Le Coran possède un charme irrésistible pour ce petit orphelin, élevé par des grands parents très pieux à Manisa en Turquie. L’enfant se nourrit des versets que son grand père, combattant de la seconde guerre mondiale, s’efforce de lui inculquer. Adulte, le narrateur découvre le rôle de son grand père dans la vie de son ami de jeunesse, fils d’immigré : le vert paradis de l’enfance s’en trouve modifié. Nedim Gürsel rythme son roman des hauts faits de l’Islam, choisit d’incarner Mahomet, lui rendant sa condition humaine, narrant son enfance, sa vie d’époux, la révélation qui lui conféra le rang de prophète. Il nous fait découvrir ainsi l’époque qui précéda la naissance de l’Islam grâce aux chants des trois déesses que sont les filles d’Allah et les conflits qui résultèrent de l’enseignement de Mahomet, récusant ces idoles et répandant la parole du Dieu unique. Nedim Gürsel use de symboles, d’une écriture métaphorique où passé et présent se mêlent, créant ainsi un roman au souffle épique, puissant.

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Impossibilité d'une île

Edwardson

L’éditeur nous annonce que « Presque mort » est l’avant-dernier roman de la série d’enquêtes du commissaire Winter. Quel dommage ! Ake Edwardson nous emmène une fois encore à la rencontre de Göteborg, deuxième ville de Suède dont le décor idyllique se délite au cours de l’enquête menée par la brigade criminelle. Le plus jeune commissaire de la police suédoise a vieilli, il s’est marié, est père de famille. Pire, il a depuis peu des migraines fulgurantes, sans doute liées au doute, au stress. Une disparition étonnante au début de ce roman entraîne une cascade d’événements de plus en plus déroutants conduisant à rouvrir un dossier classé quelques trente années plus tôt, celui d’une autre disparition, jamais élucidée. La mer, une île au large de Göteborg, une impasse, des promenades en bateau, un écrivain, un politicien, des malfrats … un imbroglio dont la brigade peine à trouver le fil conducteur. Sans compter que chaque enquêteur, au premier rang desquels Erik Winter, se retrouve confronté à une crise personnelle qui modifie sensiblement la perception des éléments de l’enquête. Le télescopage des sentiments, intuitions, non-dits, les fausses pistes, les hésitations : deux époques vont se recouper au sein de cette ville en mutation.

L’auteur construit son roman à la manière d’un puzzle, usant d’une écriture fragmentaire, impressionniste, qui renforce la sensation de morcellement de ce fameux « modèle suédois », mis à mal par l’évolution de nos sociétés contemporaines. Il nous conte ici une nouvelle époque, plus brutale, plus âpre, où les affres subies par son commissaire deviennent la métaphore de la déliquescence qui s’installe. Un style plus heurté peut-être qui renforce le contraste entre la beauté d’une île au large de la ville qui grandit et la violence plus prégnante qui y règne.  Ake Edwardson signe ici un polar plus émouvant, et cependant toujours aussi subtil et inventif, qu’il importe de déguster tranquillement.

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15 septembre 2009

Fantastique

Somoza

Ce n'est pas le genre littéraire que je connais le mieux, le fantastique et d'ailleurs heureusement que mon ami Jean-Marie est venu éclairer ma lanterne parce que je pataugeais un peu entre la science fiction, l'Héroic Fantasy et le fantastique. Alors fantastique donc m'a-t'il dit, ce roman que Somoza, dans une traduction superbe de  Marianne Millon, a écrit comme une somme d'hommages à des maîtres tels Jules Verne, Lovecraft, ...

Alors je me suis lancée car j'ai presque tout lu de cet auteur. Le dernier "La théorie des cordes" était de la science fiction qui nous emmenait dans les fractures du temps. Cette fois nous montons à bord d'un train, "le Grand Train" qui passe à Dortmund et se dirige vers Hambourg, à grande vitesse, dans un futur très lointain. Nous sommes donc en Allemagne, en Europe mais nous allons vite devoir nous rendre au Japon, puis en Nouvelle Zélande et enfin en Antarctique  ... mais vous ne reconnaîtrez pas ces contrées, vous trouverez sans cesse des réminiscences, des endroits connus mais autrement, et surtout, surtout des questionnements. Toutes nos valeurs sont bousculées, la philosophie le dispute à la théologie, le progrès génétique à l'atavisme, l'honnêteté se confronte sans cesse à la trahison, les apparences sont mises à mal. Une quête immense s'orchestre au fil des chapîtres, celle de la fameuse "clé de l'abîme", mais où est-il cet abîme, en nous peut-être ?

Somoza nous offre cette fois encore un superbe roman, une somme d'érudition, de plaisir, d'interrogations sur l'humanité, la société, les religions. Se lit d'une traite.

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12 septembre 2009

VITAL

Martin_Winckler

VITAL ! Oui, il est vital de lire ce nouveau roman de Martin Winckler. Que vous soyez jeune ou pas, femme ou homme, ou les deux, soignant ou soigné, il faut le lire. Sans doute mon passé dans le monde médical m'a-t'il sensibilisée énormément à cette lecture, mais pour toutes et tous c'est indispensable de découvrir ces pages pleines de vie, de colère, d'émotions, de découvertes aussi.

L'interne Jean Atwood doit se rendre pour finir son internat dans un service de gynécologie. Ce n'est pas de chirurgie qu'il s'agit pour ces six derniers mois de formation, mais de consultations auprès d'un public majoritairement féminin dans l'unité 77 que dirige le Docteur Franz Karma, dont la réputation n'est pas très bonne auprès des étudiants. Le début du roman est une première "claque" quant on lit le discours intérieur de l'interne, avec tous les stéréotypes et les certitudes qui l'animent. Nous découvrons ainsi une vision de la médecine et en particulier de la médecine des femmes qui nous stupéfie. Une deuxième "claque" nous attend quelques chapitres plus avant. Et alors tout s'enchaîne : l'interne découvre une autre manière de soigner, plus patiente, plus humaine, les conflits avec le Chef de service s'installent, qui des deux a raison ? Le lecteur lui dévore ces pages consacrées aux voix des femmes (le Choeur de cette féminité qui s'interroge, souffre, se soutient, subit, ...), l'empathie s'installe, la reconnaissance de situations, questionnements l'entraîne, l'envie surtout de dire autour de soi : "écoute-çà".

La maladie de Sachs, les Trois médecins, Le Choeur des femmes, trois romans polyphoniques comme toujours chez Martin Winckler qui nous bouleversent, nous font réagir, nous reconnaître, et donnent une image paradoxale et tellement juste de notre époque technologiquement si avancée et humainement si effrayante.

http://martinwinckler.com

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10 septembre 2009

Soirée poésie et cinéma à la librairie

Vendredi 18 septembre à 20h00

Giil_Taws

Posté par Helenecamus à 12:45 - Poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

CHAMPAGNE !

En vert parce que c'est la couleur de l'espoir !

CHAMPAGNE, donc,

car je viens de recevoir un courrier du Ministère de la Culture et de la Communication m'indiquant que ma demande est acceptée. Quelle demande ? Celle de bénéficier du label de

LIBRAIRIE INDEPENDANTE DE REFERENCE.

Ma librairie "satisfait en effet à l'ensemble des conditions prévues " pour bénéficier de ce label. Celui-ci est attribué pour trois ans. A moi donc de faire en sorte que j'en bénéficie encore après 2012 ; un peu comme les étoiles au Michelin, la pression s'installe.

Un grand Merci donc à tous les amis de la librairie, tous ceux qui me soutiennent et me défendent.

Posté par Helenecamus à 09:45 - Au fil du blog - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 septembre 2009

Unis envers et contre tout pessimisme

Guenassia

Un premier roman magistral, qui se lit dans un seul élan ; pourtant il faut manger, travailler, dormir, mais ces sept cent cinquante pages vous attirent plus qu'un aimant.

Le jeune Michel, douze ans en 1959, profite de Paris avec délectation ; seul problème, le lycée Henri IV (H IV pour les initiés), car il faut travailler et lui préfère lire. Il a mis au point une technique, bénie du dieu des lecteurs, grâce à laquelle il peut lire en classe, lire sur le trottoir, lire en traversant les rues etc... sans jamais rencontrer d'obstacles, sauf ... . Surtout nous découvrons sa famille, cocktail explosif entre deux clans : côté maternel, bon chic, bon teint, commerçants poujadistes ou quasi, côté paternel, vieille dynastie communiste, le tout se déroulant sur fond de guerre d'Algérie, qui d'ailleurs en est encore au stade d'événements. Enfin, Michel fréquente non seulement la bibliothèque de son quartier, mais aussi un café, le Balto, tenu par d'authentiques auvergnats dans l'arrière salle duquel se réunissent des individus particuliers : des réfugiés politiques (avec ou plus souvent sans papiers), fuyant les pays de l'Est : Roumanie, U.R.S.S., Pologne ... Ils ont pour eux d'être devenus optimistes, c'est bien le moins après être revenus de là-bas, avoir tout perdu, tout souffert y compris la peur de la mort, et foin des secrets de chacun, ils ont érigé des règles tacites ; dans leur club on parle français et on joue aux échecs. Sont admis quelques français et non des moindres : Sartre et Kessel. Michel y vivra un véritable apprentissage de la vie avec ses attachements, ses amitiés indéfectibles, ses trahisons aussi.

Jean Michel Guenassia nous emmène ainsi sur les traces de Michel pendant toute la durée de cette drôle de guerre, nous captivant des découvertes de son jeune narrateur, nous racontant des histoires dans l'histoire sur fond d'Histoire. Il  nous fait revivre cette époque pas si lointaine mais tellement différente de l'actuelle comme si nous l'avions tous vécue. Dithyrambe me direz-vous, oui, certainement car ce roman est une prouesse de maîtrise, d'intérêt, de bonheur de lecture.

Posté par Helenecamus à 17:17 - Coup de coeur - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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