Superbe chant du départ pour Kurt Wallander

mankell

Henning Mankell nous régale une fois encore. C'est, nous le savons d'entrée, la dernière enquête de Kurt Wallander. Ce dernier est au bord de la retraite, il souffre d'amnésies inexpliquées qui le laissent pantelant, il tente d'organiser sa nouvelle vie à la campagne en combattant quotidiennement son penchant naturel au pessimisme. Survient une disparition qui le touche de près puisqu'il s'agit du beau-père de sa fille. Il avait eu l'occasion de rencontrer ce dernier et de l'estimer. Bien qu'en vacances forcées, il se plonge dans une enquête parallèle à celle du collège désigné avec lequel il entretient des relations professionnelles et courtoises. Peu à peu il découvrira les arcanes de la politique suédoise depuis la guerre froide jusqu'à nos jours, les zones d'ombre de la neutralité, les enjeux militaires exacerbés par la proximité de ce pays avec la Russie et son empathie naturelle pour les USA. La disparition de la belle-mère de sa fille cette fois accélère le processus et peu à peu Wallander oscille entre le lâcher prise et l'implication totale.

Henning Mankell nous offre ici un superbe chant du cygne de son héros, pénétrant plus avant que jamais dans la psychologie de son pays au travers les interrogations de deux générations : le père et la fille ; il traque aussi les obsessions d'un homme vieillissant, sans cesse aux prises avec la tentation du bilan et les réminiscences du passé, et la difficulté d'accepter la perte progressive de la pleine puissance physique. La vie est un passage, certes, mais riche oh! combien.