LE PELERINAGE

Découverte exceptionnelle que ce roman d'Osamu Hashimoto, dont la traduction de Patrick Honoré est flamboyante. Le vieux Chuîchi a été jeune, voilà une évidence ; cependant au début du roman c'est un vieil homme bizarre qui s'attire les foudres de ses voisins parce qu'il a transformé la cour de sa maison en dépotoir dont l'insalubrité devient intolérable.(Il est atteint du syndrome de Diogène, autrement appelé syllogomanie). Peu à peu nous allons découvrir les origines de cette manie détestable. Le vieux Chuîchi, quand il était jeune, a connu les bouleversements de l'immédiat après-guerre, à savoir les réformes scolaires, puis la période faste d'une économie florissante, mais parallèlement, sa vie privée n'a pas bénéficié d'une telle embellie. Le lecteur découvre ainsi les us et coutumes de ce Japon encore inféodé à l'Empire et la difficulté pour cette génération des années 40 de changer au rythme exponentiel du progrès. 

Ce roman est un chef d'oeuvre de finesse, d'élégance littéraire ; il nous offre une découverte originale et sensible du Japon d'après-guerre, en compagnie de ce vieux Chuîchi qui vous accompagnera encore longtemps.

 

Syllogomanie

Le dépotoir du vieux Chuîchi doit ressembler à cela.