Le détour

Ce nouveau roman (le deuxième) de Gerbrand Bakker n'est pas très joyeux, c'est vrai, mais il est beau. Une femme, universitaire spécialisée dans d'oeuvre d'Emily Dickinson s'enfuit de Hollande pour se réfugier au Pays de Galles, laissant mari, famille, université. Elle a des problèmes de santé qui lui valent une véritable addiction au paracétamol, mais surtout elle se réfugie dans une maison perdue, près de la mer, noyée dans une campagne désertique où seuls subsistent quelques chemins aux tracés improbables. Des oies l'attendent dans cet espace hivernal, des moutons noirs, une vie de solitude, de réflexion autour de cette oeuvre poétique dont elle se détache peu à peu, surprise d'y avoir consacré tant d'heures. Et puis une rencontre, un jeune "gymnaste" de passage, semble-t'il, qui l'aide au quotidien, toute décidée qu'elle est à s'approprier ce coin de terre galloise, y projetant ses rêves de jardin, de fleurs, de sérénité. L'écriture de ce roman est fascinante, surprenante, et le dénouement étonnant.